J’ai décidé d’arrêter de boire le 19 juin 2009.

J’ai passé un été où j’ai modéré ma consommation (en gros, je ne buvais pas, sauf exceptions que j’ai mentionnées sur ce blog, et j’ai arrêté - presque totalement - le 15 septembre 2009.

Qu’est-ce que ça veut dire, “presque totalement” ?

Cela veut dire que je n’ai rien bu entre le 15 septembre et le 2 janvier. Puis j’ai eu 6 exceptions depuis. Aucune de ces exceptions n’est allée dans l’excès : à part le 2 janvier, où j’ai bu 6-7 verres, à deux occasions j’ai bu 3 verres, et les autres fois 1 seul. Mais 3 de ces 6 exceptions ont eu lieu en avril, donc je me méfie, et je reviens à une abstinence totale.

Je ne sais donc pas comment compter. Ma décision d’arrêter de boire (juin 2009) ne compte pas vraiment. Je considère donc que mon arrêt presque total (sauf 6 exceptions) date du 15 septembre. Ce qui fait presque 8 mois d’efforts. Et une vigilance accrue sur ces exceptions.

Le coming out et les questions

décembre 20th, 2009

Une des choses que j’ai du mal  gérer, c’est “comment l’annoncer”. Ou plutôt, parce que ça c’est facile, comment vivre la suite, c’est-à-dire les questions.

L’annonce est facile :

- Et toi qu’est-ce que tu bois ?

- Je vais prendre de l’eau

Et là commencent les questions. D’abord amusées (tu es malade ?!), puis insistantes (Mais pourquoi tu ne bois pas / plus ?)

Ce que ces gens (qui sont mes amis ou mes connaissances) ne voient pas, c’est que c’est déjà dur de refuser de boire, mais si en plus, il faut se justifier, alors ça peut devenir insupportable.

“Mais pourquoi tu ne bois pas ?” Cette insistance commence à me fatiguer.

Pendant un temps, je répondais patiemment, en expliquant pourquoi, tout en me protégeant. Maintenant, je pense que je vais passer à des réponses plus courtes, plus lapidaires.

- Et toi qu’est-ce que tu bois ?

- Je vais prendre de l’eau

- Tu es malade ?!

- Non

- Pourquoi tu ne bois pas ?

- Parce que.

- Mais c’est définitif ?

- Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que je ne bois pas aujourd’hui.

- Mais pourquoi ?

- Parce que.

3 mois

décembre 20th, 2009

Cela fait trois mois que je n’ai pas bu un verre. En fait, je compte en jours. 94 jours. Alors voilà quelques idées pour faire le point :

  • Je vais régulièrement  aux réunions AA. C’est comme la piscine : on rechigne un peu à y aller, mais on en ressort plutôt content.
  • Je ne lis pas assez la littérature AA. J’ai les livres (vivre sans alcool, les 12/12) et je viens d’acheter une petite rareté : “Avec les alcooliques anonymes”, de Kessel. Je pense que je trouverai une partie de mes réponses dans ces livres.
  • Souvent, dans les réunions AA, un participant souligne que cette démarche est une démarche pour apprendre à (re)vivre. En cela, elle pourrait ne pas être connectée à l’alcoolisme, et pourtant être toujours utile au plus grand nombre. C’est en tout cas ce que j’essaie d’en retirer : une manière de mieux appréhender ma vie.

Progression

septembre 16th, 2009

L’été a été relativement bien maîtrisé : deux soirs où j’ai bu (6 août, 14 août) et des endroits où je ne pouvais pas ne pas boire (dans l’Aubrac, le 18 août et à Vouvray, vers le 21-24 août). Puis une rechûte de déprime, le 31 août. Et hier soir, 15 septembre.

Vu comme ça, ça fait beaucoup. Mais cela fait des périodes de 8 à 15 jours sans aucun alcool, ce n’est certes pas l’abstinence totale, mais c’est beaucoup mieux que tout ce que j’ai pu faire jusque là. Et j’en suis revenu à un poids (68 kg) que je n’avais pas eu depuis… facilement dix ans.

Une question récurrente : comment éviter d’être sollicité par tous ceux qui m’ont vu boire pendant des années, et avec qui, à chaque fois qu’on se voyait, je buvais… Je ne veux pas leur dire à tous que j’arrête l’alcool, alors comment faire ?

Dimanche 19 juillet, j’ai bu une caïpirinha bien tassée, et le soir, une bouteille de (bon) vin à deux. Il y a deux bonnes nouvelles, et aucune mauvaise.

Bonne nouvelle 1 : après avoir tenu 10 jours, là, j’ai tenu 18 jours.

Bonne nouvelle 2 : désormais, mon corps semble sevré, car là aussi, j’ai passé une mauvaise nuit après avoir bu. Et dieu sait si, pour ma consommation historique, un cocktail à midi + une 1/2 bouteille le soir, c’est très loin de mes excès passés. Visiblement, mon corps me signale que l’alcool, c’est terminé… Du coup, j’ai moins envie de boire, car je pense aux effets secondaires.

On redémarre donc le compte : depuis lundi matin, ça fait maintenant presque 2 fois 24h que je n’ai pas bu.

J’ai toujours été étonné de voir les différences de perception sur ce qu’est l’alcoolisme. Quand je disais à quelques ami(e)s proches que je pensais que j’étais alcoolique, la plupart (la totalité ?) se récriait, en me disant “Ah mais non, pas du tout, un alcoolique, c’est quelqu’un qui se lève le matin, et qui tremble tant qu’il n’a pas bu un verre d’alcool, donc toi tu n’es pas alcoolique”. Leur définition était tellement restrictive qu’elle leur permettait de ne pas se poser la question sur leur propre consommation. Je leur opposais ma propre définition de l’époque (”un alcoolique, c’est une personne qui boit régulièrement, depuis des années, et qui dit “je pourrais m’arrêter” mais qui ne le fait jamais”). J’ajoutais une dose communément admise : une personne qui boit, en moyenne, plus de 3 verres par jour (en moyenne sur une semaine).

Et puis j’ai commencé à lire, ou à écouter des médecins, et j’en viens aujourd’hui aux tentatives de définitions suivantes :

- une personne qui “tremble le matin tant qu’elle n’a pas eu un verre” est un malade de l’alcool. C’est un stade bien plus sévère que l’alcoolisme, mais c’est l’arbre qui cache la forêt ;

- un alcoolique, selon moi, est dépendant. Cela peut être une dépendance physique (ce qui se rapproche d’être malade de l’alcool), mais le plus souvent, c’est une dépendance psychologique : la personne a l’impression qu’elle contrôle sa vie (puisqu’elle n’a pas de troubles physiques), elle se leurre avec l’idée qu’elle pourrait arrêter à tout moment, mais elle ne peut pas s’arrêter. L’alcool sert d’anxiolytique, de matelas protecteur, de fuite. J’ai toujours été étonné de voir que la plupart des personnes considérait que, parce qu’il n’y avait pas de dépendance physique, il n’y avait pas de dépendance. Mais je me souviens de fois (nombreuses) où je cherchais un verre “pour me calmer”. Et la sensation de manque, l’envie de boire, je les ai encore, alors même que je n’ai jamais eu de syndrome de manque physique.

- les définitions sont nombreuses, et floues. Il n’y a qu’à voir l’article de Wikipedia sur le sujet.

Aussi, à défaut d’une définition “précise”, j’aime bien retenir l’approche des AA : en effet, définir précisément l’alcoolisme n’est pas forcément le but. Le but (définition ou pas) est d’identifier qui est alcoolique et qui - a priori - ne l’est pas. Pour cela, pas besoin de définition, il s’agit juste de répondre à un questionnaire. Il y a en fait deux types de questionnaires chez les AA :

  • un questionnaire en 12 questions, dans la rubrique “AA est-il pour vous”. Je ne cite pas ici, car pour moi, ce n’est pas tant un questionnaire de diagnostic : plutôt un questionnaire pour savoir si les AA peuvent nous aider.
  • un questionnaire de 20 questions intitulé “êtes-vous un alcoolique ?” C’est un questionnaire médical utilisé par l’hôpital universitaire John Hopkins, Baltimore (USA). C’est ce second questionnaire que je reproduis ci-dessous. Essayez de répondre franchement aux 20 question, et comptez le nombre de “oui”.

Êtes-vous un alcoolique ?

  1. la boisson est-elle une cause d’absence de votre travail ?
  2. Le fait de boire rend-il votre famille malheureuse ?
  3. Buvez-vous parce que vous êtes mal à l’aise avec les gens ?
  4. Buvez-vous au point d’affecter votre réputation ?
  5. Avez-vous jamais éprouvé des remords après avoir bu ?
  6. Avez-vous jamais éprouvé des difficultés financières du fait d’avoir bu ?
  7. Lorsque vous buvez, fréquentez-vous de mauvais compagnons et un milieu de condition inférieure ?
  8. Négligez-vous le bien-être de votre famille lorsque vous buvez ?
  9. Depuis que vous buvez, manquez-vous d’ambition ?
  10. Êtes-vous obsédé par le désir de boire à certains moments du jour ?
  11. Désirez-vous prendre un verre le lendemain matin ?
  12. Avez-vous des difficultés à dormir lorsque vous buvez ?
  13. Vos capacités ont-elles diminué depuis que vous buvez ?
  14. La boisson compromet-elle votre position ou votre commerce ?
  15. Buvez-vous pour fuir des ennuis ou des embarras ?
  16. Buvez-vous tout seul ?
  17. Avez-vous déjà eu une perte de mémoire lorsque vous buvez ?
  18. Votre médecin vous a-t-il déjà traité pour alcoolisme ?
  19. Buvez-vous pour raffermir votre confiance en vous-même ?
  20. Avez-vous déjà fait un séjour dans un hôpital ou dans une institution à cause d’alcoolisme ?

Si vous avez répondu scrupuleusement à ce questionnaire, voici maintenant le décryptage : si vous avez répondu oui à une des questions, il y a présomption que vous soyiez un alcoolique ; si vous avez répondu oui à deux de ces questions, il y a des chances que vous soyiez alcoolique ; si vous avez répondu oui à trois questions ou plus, vous êtes clairement un alcoolique.

Pour ma part, j’avais répondu oui quand j’en étais sûr, sinon, dans le doute, je répondais non.

J’ai répondu oui à 9 questions sur 20 (les questions 2, 4, 5, 10, 11, 12, 15, 16, 17).

Je suis donc clairement alcoolique.

Soirée sans alcool

juillet 6th, 2009

Samedi soir, grosse soirée, déguisements, champagne à flots, 11 litres de Planteur dans un saladier. J’ai carburé au jus d’orange (mais au bout de deux heures, c’est acide), à l’eau gazeuse (mais deux heures de suite, ça ballonne) et à l’eau plate. Un copain, qui ne sait pas que j’essaie d’arrêter, m’a demandé ce que j’avais, il me trouvait sans fantaisie par rapport à d’habitude.

Je me console en lisant sur internet les témoignages de ceux qui ont arrêté et qui disent s’amuser en soirée, mais j’avoue que pour l’instant, c’est pas très drôle :-(

Alcoolisé

juillet 3rd, 2009

J’avais tenu 10 fois 24h, et je pense que j’aurais pu tenir plus, parce que je n’ai pas “craqué”. Mais après ces 10 jours, je me suis alcoolisé (et beaucoup, 2 bouteilles de rosé à 2 + un demi de bière en fin d’après-midi), et c’était prévu. Un ami m’avait invité à déjeuner pour me remercier d’un service rendu, et il m’avait promis qu’on allait “bien bouffer et bien boire”. Je n’en suis qu’au début de ma tentative d’abstinence, et ce déjeuner était prévu, j’y suis donc allé en me disant : je bois. Tout simplement parce que, pour ce type d’occasion, je n’ai pas encore d’argumentation solide, ça me fait chier d’apparaître comme abstinent, bref, tu vois les raisons.

Le déjeuner était très sympa, le rosé très frais, et je suis rentré après. Le soir, rebelote, je n’avais pas prévu de boire, mais j’avais fait déplacer le patron du K, et au moment de servir, je n’ai pas osé lui demander une bière pour mon collègue et un coca light pour moi : je l’avais dérangé, je me suis senti obligé de commander une bière. Je suis conscient des progrès à faire, bien sûr, je te raconte, c’est tout.

Le soir, j’étais bien, genre calme, pas stressé (tu m’étonnes, j’avais ma dose), mais la diction relativement hésistante. Et après, en sortant du cinéma, j’ai été barbouillé… énormément. On est allés au restau, j’ai carburé au Perrier et je n’ai rien pu manger.

Voilà la bonne nouvelle là-dedans : peut-être que 10 jours d’abstinence, c’est déjà suffisant pour que le corps ne tolère plus de grosses doses d’alcool. En bref, la prochaine fois que je serai exposé (car j’ai du mal à m’imaginer totalement abstinent), je sais en tout cas que je boirai beaucoup plus modérément.

En attendant, j’ai recommencé mon compteur à 24h : depuis mercredi, ça fait 2 fois 24h d’abstinence. Record à battre : 10 jours.

24 heures

juin 29th, 2009

Chez les AA, on ne parle pas en jours, en semaines, en mois, en années d’abstinence. Le principe, c’est qu’on essaie d’éviter le premier verre dans les prochaines 24h. Et chaque jour se suffit à lui-même, une des clés pour réussir, semble-t-il, c’est de se fixer un objectif proche et réaliste. D’ailleurs, qui voudrait s’engager à “ne plus jamais boire de sa vie” ? Alors que se dire “je vais voir si je peux m’arrêter pendant 24h”, ça semble jouable. Puis, si c’est réussi, recommencer. Et ainsi de suite.  24h par 24h.

Cela fait maintenant 8 fois 24h que je suis abstinent. Dans ma vie d’alcoolique, je n’ai réussi ce record que 3 fois, je crois. Et je ne crie pas victoire, j’appréhende bien les obstacles futurs. Autant de fois 24h, autant de tentations ou de rechutes possibles.

Nouvelle page

juin 23rd, 2009

Ce soir, je suis allé à ma première réunion AA (Alcooliques Anonymes).

Ce blog, qui n’a jamais vraiment démarré, va peut-être connaître ainsi une deuxième vie. Même si je pense que l’abstinence totale est la seule solution viable à terme, j’ai du mal à l’envisager aujourd’hui. Je liste donc quelques règles que je vais essayer de respecter :

  • Ne plus boire seul à la maison
  • Encore mieux : ne plus boire seul
  • Quand je bois (si je bois), noter les quantités
  • Essayer d’avoir au moins un jour sur deux sans aucun verre d’alcool (essayer de ne faire aucune exception. Pratiquer la régularité).

Quelques mots sur moi...

Je suis un homme qui a plusieurs démons, et je voulais un lieu pour en parler. A l'heure actuelle, ce blog me sert à chroniquer mon combat contre l'alcool.

 

novembre 2019
L Ma Me J V S D
« mai    
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
252627282930  

Articles récents

Proudly powered by WordPress. Theme developed with WordPress Theme Generator.
Copyright © Le côté obscur. All rights reserved.